Festival de Kaédi contre le discours de haine
les ministres ont-ils été invités ? Et pourquoi étaient-ils absents

Le festival de lutte contre le discours de haine, le racisme et l’extrémisme, organisé samedi dernier à Kaédi, a suscité de nombreuses interrogations dans les milieux politiques et auprès de la population du Gorgol
En cause : l’absence des ministres originaires de la région ou considérés comme y exerçant une influence politique
Cette absence est d’autant plus remarquée que certains d’entre eux se trouvaient dans la wilaya à l’occasion de l’Aïd al-Adha, notamment le ministre Mamoudou Niang
De nombreux observateurs s’interrogent ainsi sur les raisons de leur non-participation à un événement placé sous le signe de l’unité nationale et de la lutte contre le discours de haine, le racisme et l’extrémisme
Ces ministres ont-ils été officiellement invités à prendre part à cette manifestation
Si oui, pourquoi n’y ont-ils pas assisté
Ces questions continuent d’alimenter les débats depuis la clôture du festival, d’autant qu’aucune explication officielle n’a été fournie par les organisateurs
Les interrogations se sont également accentuées après la présentation de l’événement comme étant organisé par le « Comité national des jeunes du parti El Insaf »
Or, selon plusieurs observateurs de la vie politique locale, aucune structure portant cette appellation ne serait connue dans la wilaya du Gorgol
Cette situation soulève des questions sur l’identité réelle des organisateurs et sur les objectifs poursuivis à travers cette initiative
Le festival a réuni plusieurs cadres administratifs et élus locaux
Toutefois, la participation des responsables politiques est restée limitée au regard de l’ampleur de l’événement et des messages qu’il portait
Les députés des départements de Maghama, M’Bout et Lexeiba étaient absents
La représentation parlementaire s’est limitée aux députés de Monguel, Habib Ould Djah, et de Kaédi, Tomby Wara
Au niveau municipal, seuls quatre maires sur les trente-et-un que compte la wilaya ont pris part à la manifestation : ceux de Kaédi, Ganki, Talhaya et Djewol
Les autres communes n’étaient pas représentées
Les observateurs ont également relevé le rôle central joué par le secrétaire général du ministère des Finances, Jallo Mamadou Abdoulaye, qui a supervisé les préparatifs et le déroulement du festival
Présent à toutes les étapes de l’organisation jusqu’à la clôture de l’événement, il est apparu comme la figure la plus en vue de cette manifestation
Pour certains analystes, cette implication confère à l’événement une portée qui dépasse le simple cadre d’une campagne de sensibilisation
Plusieurs acteurs et observateurs de la vie publique du Gorgol estiment pourtant que la lutte contre le discours de haine, le racisme et l’extrémisme constitue une cause nationale qui exige l’implication de l’ensemble des forces politiques, des élus, des notables et de la société civile
Selon eux, la faible participation institutionnelle et politique a réduit la portée des messages que le festival entendait transmettre
D’autres considèrent que la manifestation a davantage ressemblé à une opération de promotion politique et médiatique au service d’intérêts particuliers qu’à un véritable espace de réflexion collective sur les défis de la wilaya
Cette perception est renforcée par l’absence de nombreuses personnalités influentes représentant les différentes circonscriptions, sensibilités politiques et composantes administratives de la région
Une question demeure au cœur des débats : pourquoi les ministres du Gorgol étaient-ils absents de ce festival
Cette absence résulte-t-elle d’un défaut d’invitation ou d’un choix délibéré
Pour plusieurs observateurs, les réponses à ces interrogations permettraient de mieux comprendre les véritables enjeux de cette initiative et les messages qu’elle entendait transmettre dans le paysage politique local



